DUERP Carreleur : le document unique et les risques du métier (2026)

Activité également désignée comme « pose de carrelage et faïence » : cette grille la couvre dans son ensemble.

Grille établie par Clément Palisses-Save, fondateur de duerp-conforme.fr. Dernière revue : 24 août 2026. Notre méthodologie

Sur un chantier, le risque change de nature à chaque phase de travaux, et un document unique recopié depuis un modèle générique ne résiste ni à une visite de l'inspection du travail ni à l'analyse d'un accident. L'obligation vaut dès le premier salarié ou apprenti (art. R4121-1 du Code du travail). Voici les risques du métier de carreleur, tirés des référentiels officiels (INRS ED 6297, Mon métier, INRS Tableau RG 8).

L'obligation est la même pour tous les employeurs dès le premier salarié, quel que soit le métier : voir ce que la loi impose à l'employeur. Cette page se concentre sur ce qui change pour un carreleur.

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Les principaux risques du métier de carreleur

Voici les 8 risques les plus critiques pour un carreleur, classés par priorité (gravité × fréquence).

RisqueSituation typiquePrioritéExemple de mesure
Affections du genou par travail prolongé à genoux (hygroma, bursite, méniscite)
TMS articulaire
Pose au sol : posture agenouillée 6 à 8 heures par jour, appui continu du tibia ou de la rotule sur support dur. Risque de bursite pré-rotulienne et d'hygroma reconnus au Tableau MP RG 57 (délai de prise en charge 7 à 90 jours). Première cause de MP dans le métier.P1[Suppression du risque] Prévoir une assise mobile ou un tabouret bas pour les opérations de jointoyage statique prolongé
Lombalgies et hernies discales : port de sacs lourds et postures penchées en pose
TMS / manutention
Port de sacs de mortier ou de ciment (20 à 30 kg) lors de l'approvisionnement et du malaxage. Pose au sol : inclinaison du tronc ≥ 45° prolongée, torsions vertébrales lors du positionnement des carreaux. Risque de lombalgie aiguë, d'hernie discale L4-L5 et de radiculalgie sciatiqueformant une usure dégénérative accélérée.P1[Suppression du risque] Privilégier les sacs prédosés de 15 kg maximum ou le mortier livré en seaux pré-mélangés ; éviter les formats 30 kg
Postures pénibles : accroupi prolongé et bras élevés (pose murale au-dessus des épaules)
TMS / pénibilité
Pose de faïence en partie haute (salle de bains, cuisine) : bras maintenus au-dessus des épaules, tête en hyperextension, cumul pouvant dépasser 4 heures par jour. Accroupissements répétés pour les rangées basses. Risque de tendinite des épaules (coiffe des rotateurs), cervicalgie, usure méniscale aggravée. Facteur pénibilité hors-C2P si ≥ 900 heures par an (art. L4161-1).P2[Protection collective] Échafaudage roulant réglable ou plan de travail surélevé pour ramener la pose murale haute à hauteur de poitrine ; tréteau ajustable
Inhalation de poussières de silice cristalline (découpe, risque résiduel même avec eau)
Risque chimique CMR
Même avec la découpe humide, certaines opérations (meulage d'ajustement, ponçage de joints, découpe de briques ou carreaux ciment) génèrent des poussières de silice. Le risque CMR (Tableau RG 25, latence jusqu'à 35 ans) est atténué mais non supprimé. Applicable sur tout chantier indépendamment de la question découpe_silice_sec.P2[Suppression du risque] Maintenir la voie humide pour toutes les opérations de découpe et de meulage ; substituer aux carreaux fortement siliceux (grès cérame) des matériaux à faible teneur en silice lorsque possible
Dermatites et eczéma de contact : ciment, colles époxy, mortiers (chrome VI)
Risque chimique irritant / allergisant
Contact prolongé avec le ciment humide ou le mortier : alcalinité forte → brûlures chimiques et dermatite irritative. Colles époxy et résines de jointoiement : allergènes cutanés. Ciments anciens pouvant contenir du chrome VI au-delà du seuil réglementaire (0,0002 % depuis 2005) : allergie chronique. Reconnaissance MP sous Tableau RG 8 (délai de prise en charge 15 à 30 jours).P2[Suppression du risque] Préférer les mortiers pré-hydratés en seau (moins alcalins) et les colles hypoallergéniques certifiées sans solvant ; vérifier la conformité CE du ciment (chrome VI ≤ 0,0002 %)
Exposition au bruit (carrelette électrique, disqueuse, meuleuse)
Bruit
Carrelette électrique : 85 à 90 dB(A). Disqueuse ou meuleuse diamantée : jusqu'à 95 dB(A) avec une lame émoussée. Exposition de 4 à 6 heures par jour sur chantiers intensifs → atteinte auditive progressive et acouphènes. Seuil C2P : ≥ 81 dB(A) sur 8 heures, 600 heures par an (art. D4163-2).P2[Protection collective] Choisir les machines basse émission sonore (indiqué en dB(A) sur la fiche technique) ; entretenir régulièrement les lames diamantées (une lame émoussée est plus bruyante)
Projection d'éclats dans les yeux (découpe, battage mortier)
Risque mécanique traumatique
Découpe à la disqueuse ou à la carrelette : éjection d'éclats de carrelage ou de silice à grande vitesse. Malaxage ou battage du mortier : projections de liquide cimenteux. Risques d'abrasion cornéenne, de conjonctivite chimique voire de perte partielle de la vision en l'absence de protection oculaire.P2[Protection collective] Capot protège-lame transparent sur la carrelette, pare-éclats sur la zone de découpe
Glissades sur sols mouillés (colle, eau de rinçage) et sols carrelés neufs lisses
Chute de plain-pied
En cours de pose et en phase de finition/nettoyage : eau de colle, eau de joint et eau de rinçage au sol. Carrelage neuf lisse (grès poli, marbre) : adhérence très faible dès qu'il est mouillé. Chutes pouvant provoquer des traumatismes au genou (déjà fragilisé), poignet ou crâne.P2[Protection collective] Joncs absorbants en périphérie des zones humides, bâchage des zones carrelées non encore sèches

Priorité : criticité (gravité × fréquence) modulée par la maîtrise existante : P1 action immédiate, P2 planifiée, P3 surveillance. Grille complète (15 risques, 5 unités de travail) dans le document généré.

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Les 5 unités de travail à distinguer chez un carreleur

Le Code du travail impose une évaluation par unité de travail (art. R4121-1), pas une liste globale valable pour toute l'entreprise. Sur un chantier, c'est ce découpage qui rend le document défendable. Voici celui retenu pour le métier, avec le nombre de risques rattachés à chacune.

S'y ajoutent 2 risques transversesà toute l'entreprise, rattachés à aucune unité en particulier.

Pénibilité et RPS sur les chantiers : ce qu'un contrôle regarde en premier

Le compte professionnel de prévention se déclare salarié par salarié, et c'est à l'employeur de prouver qu'il a évalué : sur les chantiers, le sujet arrive vite. Pour un carreleur, 3 facteur(s) de pénibilité sont à instruire en priorité, postures pénibles, manutentions manuelles de charges, agents chimiques dangereux, chacun avec son seuil réglementaire (art. D4163-2). Les risques psychosociaux, eux, restent absents de 58 % des documents audités, alors qu'ils prennent ici la forme de pression des délais et intensification du travail (relation client / sous-traitance), sentiment d'usure physique précoce et crainte d'invalidité.

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions les plus posées sur le DUERP d'un carreleur.

Le DUERP est-il obligatoire pour un carreleur ?

Oui. Le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels est obligatoire dès le premier salarié (article R4121-1 du Code du travail), apprenti compris. Depuis le 27 juin 2026, son absence expose à une amende administrative pouvant atteindre 4 000 € par salarié concerné, prononcée par l'administration du travail (DREETS) sur rapport d'un agent de contrôle de l'inspection du travail (loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, article 48). L'absence comme le défaut de mise à jour restent aussi punis de la contravention pénale de 5e classe (article R4741-1). Son absence caractérise également la faute inexcusable de l'employeur en cas d'accident du travail.

Quels sont les principaux risques professionnels du métier de carreleur ?

Affections du genou par travail prolongé à genoux (hygroma, bursite, méniscite) ; Lombalgies et hernies discales : port de sacs lourds et postures penchées en pose ; Postures pénibles : accroupi prolongé et bras élevés (pose murale au-dessus des épaules) ; Inhalation de poussières de silice cristalline (découpe, risque résiduel même avec eau) ; Dermatites et eczéma de contact : ciment, colles époxy, mortiers (chrome VI).

À quelle fréquence mettre à jour le DUERP d'un carreleur ?

Au moins une fois par an dans les entreprises d'au moins 11 salariés, et à chaque décision d'aménagement important ou nouvelle information sur un risque. Concrètement pour un carreleur, cela vise tout changement touchant l'une des 5 unités de travail retenues (pose au sol ou pose murale / faïence par exemple) : nouvel équipement, nouveau local, nouvelle prestation, arrivée d'un apprenti. La mise à jour annuelle reste recommandée quelle que soit la taille, et le document se conserve 40 ans.

Que doit contenir le DUERP d'un carreleur ?

L'inventaire des risques par unité de travail, leur évaluation (gravité, fréquence), les mesures de prévention associées, les facteurs de pénibilité (article L4161-1) et les risques psychosociaux. Pour un carreleur, cela représente 15 risques répartis sur 5 unités de travail, 3 facteur(s) de pénibilité à instruire (postures pénibles, manutentions manuelles de charges, agents chimiques dangereux) et 5 risques psychosociaux identifiés. La pénibilité et les RPS restent les deux chapitres les plus souvent absents lors des contrôles.

Sur quoi repose cette grille de risques carreleur ?

Sur 10 références publiques, dont INRS ED 6297, Mon métier, INRS Tableau RG 8, INRS Tableau RG 25. Chaque risque de la grille renvoie à la ou les références dont il est issu, et la méthodologie de construction est publiée sur le site.

Guides DUERP utiles à un carreleur

Trois sujets reviennent en boucle sur les chantiers : les seuils de pénibilité, ce que risque l'employeur, et le rythme de mise à jour du document.

Voir les guides DUERP pour la liste complète.

Métiers liés

Ces métiers partagent un secteur ou des risques proches de celui de carreleur.

Outil d'aide à la rédaction. Ne constitue pas un conseil juridique. Document à valider par l'employeur, seul responsable de l'évaluation des risques (art. R4121-1 et s. du Code du travail).